12/07/2005

Premiers ballonnements en Alsace.

Pforzheim - Gérardmer (8 ème étape). Pour le suiveur gastronome, qui préfère garder de l'appétit pour la haute montagne, la première semaine du Tour peut passer pour un vulgaire apéritif. Et pourtant, au tiers du festin, certains ont déjà l'estomac un peu barbouillé. Découvrant les premiers reliefs du repas alsacien, le peloton sentait poindre les premiers signes d'indigestion kilométrique chronique. Et ce n'est pas le menu de ce début d'étape assez relevé, avec quatre amuse-gueules de troisième catégorie à se mettre sous les dents, qui allait faire office de pastille Rennie. Agité par des luttes intestines pour les classements annexes, le peloton lâchait les gaz dès les premières côtes, histoire de rendre la cuisine alsacienne encore un peu plus lourde. Weenig (déjà) Flecha (encore), Commesso (toujours), Vasseur, Jalabert, Sörensen et Scholz s'arrachaient les premiers au ventre mou du peloton. Pour ceux qui avaient eu les yeux plus grand que la panse, l'addition commençait à être salée. Zabriskie, qui avait abusé des zakouskis au prologue, finira -à titre d'exemple- à plus de 50 minutes. Quant à Fédrigo, Cancellara, Boonen, Eisel, Gonzalez de Galdeano, Merckx, Hincapie, Dekker ou Mac Ewen, ils n'avalaient plus le bitume avec la même gourmandise qu'en première semaine. Arrivés en vue de Munster, certains concurrents commençaient même à avoir la patte molle et la croûte bien rincée. Mais, sous l'œil des cigognes qui ont désormais comme les suiveurs leur parc fermé, les grands migrateurs du Tour (Armstrong, Basso, Ullrich) n'avaient pas encore trop de bile à se faire, d'autant qu'un peu de plaine était servie en entremet. Restait le plat de résistance particulièrement roboratif de cette étape, avec le Col de la Schlucht, dont la dégustation était longuement préparée par les cuisiniers des îles Baléares. La suite allait prouver qu'il valait mieux en avoir gardé sous le jambonneau, car en guise de dessert bien calorique, nous avions droit à une bombe kazakh et aux profiteroles à la mode Klöden. Deux recettes qui furent fatales à tous ceux dont le transit était un peu paresseux. Les observateurs attentifs n'auront ainsi pas manqué de noter un certain laisser-aller dans la qualité du service offert à Armstrong. Quand Vinokourov se décida à remettre le couvert, tous les laquais en livrée bleue et blanche furent pris de spasmes et de vomissements, laissant le chef de salle s'expliquer avec des clients furibards en plein coup de feu. Weenig, lui avait déjà déserté l'établissement depuis longtemps et réglait la note pour tout le monde. Au grand désappointement de Klöden, pris d'un reflux gastrique à quelques mètres de la banderole. Après cette succulente étape, il nous reste à espérer que cette batterie de cuisine n'est qu'un avant goût des délices à venir. Car demain, avec deux bons ballons d'Alsace supplémentaires à ingurgiter, les sauces sérieuses vont commencer...

00:54 Écrit par lucien prudence | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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