16/07/2011

Enfilade de cols servie sur un (petit) plateau

Avec 5 cols en 168 km entre Saint-Gaudens et le Plateau de Beille, le Tour de France attaque aujourd'hui son premier menu cinq étoiles. Qui vaudra surtout par son plateau de dessert.


sport,cyclisme,tour de france,étape14L'étape de Luz-Ardiden n'était qu'un apéritif et celle de Lourdes, hier - Hushovd ne nous en voudra pas - un potage un peu fade. Les amateurs de menus épicés auront donc du attendre la troisième étape pyrénéenne pour se voir proposer une carte enfin roborative. Le peloton aura à peine le temps de se mettre la serviette autour du cou que se présenteront déjà les premiers reliefs du Portet d'Aspet, une mise en bouche de 4,3 km à 9,7%. Si Philippe Gilbert décide de mettre un coup de fourchette de bonne heure pour aller se goinfrer de points au sprint intermédiaire, situé au bas de la descente, l'indigestion est garantie pour Cavendish et peut-être pour Rojas. Pour tous ceux qui n'auront pas encore roulé sous la table, vient ensuite la première entrée et elle devrait faire mal aux convives qui n'ont pas le gosier en pente : le col de la Core vaut surtout par sa longueur en bouche avec 14 km à 5,1 %. Ceux qui ont l'estomac un peu barbouillé depuis deux jours rendront sans doute là leur tablier. La deuxième entrée, car c'est un menu 6 services qui nous est proposé, est plus courte mais plus relevée : le col de Latrape (5,6 km à 7,2 %) précède un plat de résistance en forme de diptyque avec le col d'Agnes (10 km à 8,2 %) et le Port de Lers (3,8 km à 5,5 %), les deux sommets étant servis l'espace de 9 kilomètres. Au sommet du Port de Lers, il reste 34 km pour le pied du dernier col, dont un passage dans la vallée, où le vent vient souvent contrarier les coureurs qui ont les yeux plus grand que le ventre. De nombreux intestins devraient déjà être en train de gargouiller quand se présentera le dessert, servi sur un plateau, celui de Beille (15,8 km à 7,9%). Un endroit où le futur vainqueur du Tour a toujours laissé l'addition à ses adversaires. Pantani en 1998, Armstrong en 2002 et 2004, Contador en 2007 n'y ont laissé que des miettes au peloton. Mais comme cette édition 2011 manque franchement d'un vrai patron en cuisine, cette vieille recette sera sûrement démentie ce samedi. Espérons simplement que certains auront le bon goût ne pas nous faire attendre les sucreries pour une insipide course de côte.

Lucien Prudence

10:36 Écrit par lucien prudence dans sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sport, cyclisme, tour de france, étape14 |  Facebook |

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