22/07/2011

Contador, le matador encorné par un "novillo"

Alberto Contador nous a offert une denière passe alpestre digne d'une corrida à l'ancienne. Il n'a pas renversé la situation, mais il a rétabli son honneur. Même si c'est Pierre Rolland qui a ramené la queue et les oreilles.


corrida-1.jpgAlberto Contador avait décidé de rétablir son honneur et d'empoigner le taureau par les cornes. Et cette fois, la bête -injustement accusée l'an passé- n'était pas contaminée. Attaquant dès les premières rampes du Télégraphe, il a transformé la course en une corrida sauvage, dans l'espoir un peu fou de ramener les oreilles et la queue à l'Alpe d'Huez. Rappelons qu'en espagnol, le mot "corrida" est directement dérivé de "correr", qui veut dire courir, fût-ce derrière des moulins. "J'ai attaqué l'étape sans pression, seulement avec l'envie de la gagner. Je ne regrette rien, j'ai couru comme j'aime. (…) Si j'avais attaqué seulement dans la dernière montée, je n'aurais pas la même satisfaction", a-t-il expliqué. Mais le Pistolero qui espérait sans doute mettre l'ensemble du troupeau à mort, est reparti bredouille, même s'il a longtemps agité la muleta du retournement de situation sous les yeux de ses adversaires. Ce faisant, gloire lui en soit rendue, il a offert aux suiveurs de ce Tour une étape qui valait bien trois mouchoirs blancs. "Je me suis amusé sur le vélo, j'ai couru différemment des fois où chaque seconde compte au classement général. Je voulais surtout en profiter", expliquait-il après avoir placé des banderilles dans les 3 cols de la journée. "Quand je me suis retrouvé dans mon lit jeudi soir, j'ai pensé que j'avais vécu un Tour sans gloire et j'avais envie de rentrer à la maison. C'est pour cela que j'ai tenté quelque chose". L'ombrageux coureur de Pinto a donc enfilé une dernière fois son "traje de luces" pour conquérir enfin le coeur des aficionados et s'offrir une sortie "a hombros". Mais il a fini par se faire encorner comme un débutant par Pierre Rolland, un "novillo" de la Ganaderia Europcar et par Samuel Sanchez, son péon officiel sur ce Tour. Après une telle journée de bravoure, se voir refuser la victoire dans une arène qui lui a si souvent réussi est sans doute un mauvais présage. Et les grands toreros, on le sait sont très superstitieux. "Depuis le début, mon Tour tourne à l'envers. Je dois rattraper le temps perdu avec les chutes, j'ai des problèmes au genou, sans parler des efforts réalisés depuis le début de la saison... J'étais venu pour gagner le Tour, mais je savais que réussir le doublé avec le Giro serait très difficile. Le Giro m'a coûté cher", a conclu le Manolete de la bicyclette. Mais personne ne sait encore si l'Islero du Pistolero au palmarès  s'appelera Andy Schleck ou Cadel Evans.

Lucien Prudence

23:19 Écrit par lucien prudence dans sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sport, cyclisme, tour de france, contador, alpe d'huez |  Facebook |

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