04/07/2005

La vérité passe par la fenêtre !

1er juillet, derniers préparatifs. Bien entendu, on essayera de faire croire au suiveur naïf (que nous ne sommes pas) que l'accident d'Ullrich en cette veille de départ n'était que le fruit d'un malheureux concours de circonstances. On le sait: c'est souvent l'air qui fait la chanson. Mais nous sommes peu porté sur le pathos wagnérien des opéras germaniques. Certes, le rond-point traître, le camion fou, le coup de patin de la voiture et le pare-brise traversé par Ullrich alors lancé à 70 km derrière la voiture de son directeur sportif ont bel et bien existé. Mais qu'on n'essaye pas de nous nous faire avaler que c'était "la-faute-à-pas-de-chance". Cet épisode vaudevillesque vient rajouter à la picaresque collection des aventures psychotro-pondérales du zazou teuton et souligne une fois de plus l'impréparation notoire du poil-de-carotte à la boucle d'oreille. A quoi peut bien servir en effet une ultime sortie d'entraînement au milieu de la circulation d'un premier juillet, du moins pour un coureur en confiance et parfaitement affûté? Quelques éclats de verre et quelques courants d'air plus tard, la réponse saute à la carotide. Le Tour n'a pas encore décollé que les chances d'Ullrich ressemblent déjà à une baudruche dégonflée. Mais se présenter au départ diminué ou en retard de préparation a toujours été la règle pour celui qui a souvent confondu (avec les résultats que l'on sait) la première semaine du tour avec sa dernière semaine d'entraînement. En la circonstance, le bison de la T-Mobile ne s'est pas montré plus fûté que les années précédentes. Un favori qui passe par la fenêtre, c'est toujours ça de pris pour Armstrong, même s'il sait qu'Ullrich est un adversaire plus coriace en paroles que quand il s'agit de passer à l'attaque. Un carreau de cassé chez T-mobile. Voilà le vitrier Vinokourov qui passe?

18:34 Écrit par lucien prudence | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Zapristie, encore un américain !

Fromentine-Noirmoutier-en-Ile (1ère étape: 19 km CLM). Le suiveur attentif du Tour, surtout quand il est belge, sait l'américain parfaitement préparé. Heureusement, la viande made in USA réserve encore son lot de surprises aux gourmets qui répugnent au plat de barbaque mille fois repassé par les services de presse. Même avec une dent de moins que tous ses adversaires, le boucher texan nous avait habitué à d'envoyer le troupeau de ses concurrents à l'abattoir de l'incertitude, et ce dès le prologue. Pour arracher le chicot pourri du déjà-vu au maxillaire des pronostics pré-mâchés, il aura donc fallu qu'un ancien équipier de Lance-la-viande-froide (aujourd'hui passé chez les équarisseurs de la CSC) nous fasse découvrir son jarret inédit, mais de la plus belle espèce, sur un parcours qui ne présentait ni côtes, ni entrecôtes. Ce David Zabriskie doit sûrement provenir de quelque ranch texan spécialisé dans l'élévage taurin de grande lignée. Car pour tailler de telles croupières à Lance L'Invicible, fussent-elles épaisses comme un "brunir et servir" (2 secondes en 19 kilomètres), il fallait avoir le cuissot puissant, le naseau fumant, les crocs bien pendus et la corne de guidon bien acérée. Un Américain (pas encore à Paris) peut donc en cacher un autre et c'est tant mieux, car le sel de la course est ainsi préservé, même si le classement général affiche déjà son goût prononcé pour la sauce Worcestershire. Sur l'étal des nationalités, le steak américain fait donc d'emblée un malheur auprès des juilletistes amateurs de barbecues populaires. Outre le vainqueur Zabriskie, Armstrong (2), Hincapie (4) et Landis (6), voire Julich (11) et Leipheimer (16) complètent le triomphe de la bannière étoilée. Voilà qui annonce probablement un prochain règlement de compte à OK Corral. Et dire que Tyler Hamilton, rangé des caissons hyperbares, ronge son frein dans le camion frigorifique des bannis et des suspendus... C'est un fait à présent avéré : les coureurs des nations certifiée "viande indigène" (belges, français, italiens, espagnols,... ) sont aujourd'hui devenus les derniers mohicans d'un peloton largement internationalisé. Finalement, retrouver 6 américains aux 15 premières places du classement général n'est que la confirmation que le vélo de grand-papa a -depuis longtemps- dépassé la date de péremption...

18:31 Écrit par lucien prudence | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |